association "Pour qu'elle revienne" en action pour l'égalité femmes/hommes

Pour le centre Hubertine Auclert et les droits des femmes en IDF : lettre ouverte à Valérie Pécresse

Pour que le centre de ressources francilien pour l’égalité femmes-hommes, Hubertine Auclert, ne voit pas son budget diminuer de 35% et que les dispositifs spécifiques pour une égalité réelle entre les sexes ne soient pas mis à mal par la région Ile de France, l’association Pour qu’elle revienne a signé la lettre ouverte à la présidente du Conseil Régional. La voici :

 

Madame la Présidente,

Monsieur le Vice-Président,

Nous vous écrivons au nom des 107 associations franciliennes, qui œuvrent au quotidien pour faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une réalité en Île-de-France.

Nos actions rassemblent l’accompagnement et l’hébergement de femmes victimes de violences, la prévention des violences et des discriminations, la lutte contre le harcèlement, l’accompagnement vers l’emploi de femmes précaires, l’éducation à l’égalité, la promotion de la place des femmes dans l’enseignement supérieur et dans la politique, l’égalité dans l’espace public, les droits des femmes à l’international, etc. Nous avons pour point commun, au-delà de notre combat, d’être membres du Centre Hubertine Auclert, centre francilien de ressources pour l’égalité femmes-hommes, unique en France.

Lors de son dernier conseil d’administration, lundi 14 mars, nous avons appris que son budget, voté prochainement par la Région, sera amputé de 30% dès 2016. Cette décision remet ainsi en cause les engagements de la convention pluriannuelle et l’équilibre budgétaire du centre. Ce centre est unique en France, et admiré pour son expertise et sa pertinence par tou-te-s les expert-e-s nationaux, régionaux et locaux travaillant sur l’égalité femmes-hommes. Il illustre par sa présence et son action, l’ambition d’exemplarité de la région Ile de France en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Ses travaux, dans les multiples sujets que couvre l’égalité, ont permis de rendre visibles les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes, et d’apporter des préconisations concrètes, diffusées via de nombreuses publications, formations et colloques. Le centre a par ailleurs réussi à être reconnu pendant ces dernières années comme un véritable lieu de ressources pour les différents acteur-trice-s de l’égalité femmes-hommes. Les associations s’y sont investies et les collectivités locales et les syndicats de la région francilienne y participent aussi très activement.

L’expertise de l’ensemble des partenaires qui font ce centre a par ailleurs permis de révéler l’absence de travaux franciliens coordonnés et transversaux concernant les inégalités femmes-hommes. La création de l’observatoire régional des violences faites aux femmes nous montre déjà qu’il répond aux besoins de connaissance des franciliennes et des franciliens. Nous connaissons votre attachement à la lutte contre les violences envers les femmes. En réduisant de façon drastique le budget du centre, ce sont ses études, ses actions et ses rencontres qui seront limitées, mais aussi les travaux de son observatoire, qui permet non seulement des diagnostics partagés, mais aussi d’explorer des nouvelles thématiques, comme celle par exemple des violences et de l’accès à l’emploi, à ce jour peu traitées dans notre région, et très novatrices au plan national et international.

Si nous devons parler en termes comptables, rappelons que le Centre Hubertine Auclert n’est pas un centre de coût mais de profit. Les actions menées et diffusées depuis sa création représentent une indéniable valeur ajoutée, non seulement pour les femmes, mais également pour l’ensemble de la communauté francilienne qui bénéficie des progrès sociaux obtenus grâce aux travaux initiés, coordonnés et diffusés par le centre.  Un seul exemple, la diffusion par le centre d’une expertise sur les budgets sensibles au genre auprès des collectivités locales, permet, entre autres facteurs de performances, une meilleure efficacité et transparence dans l’utilisation des fonds publics. Et répond aux récentes obligations des collectives locales à intégrer l’analyse sexuée dans leurs actions et budgets.

Nous vous demandons donc de revenir sur cette décision. La baisse de financement annoncée à 30% dès 2016 met gravement en péril l’équilibre budgétaire du centre. Si nous avons conscience qu’une diversification des financements s’impose, celle-ci ne doit pas pour autant remettre en question la sanctuarisation du Centre, outil indispensable dans la politique régionale que vous pilotez.

Nous restons à votre entière disposition pour vous rencontrer et dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Madame la Présidente, Monsieur le vice-président, l’expression de nos meilleures salutations.

Associations signataires : Association Nationale des Centres d’IVG et de Contraception / Association Nationale des Études Féministes / Autodéfense et ressources pour le choix et l’autonomie des femmes / Association pour la Recherche sur le Genre dans l’Enseignement et la Formation / Association pour la recherche sur la ville et l’habitat / Association des femmes professionnelles africaines en diaspora / BARAK’A Théâtre / Batik international / Centre audiovisuel Simone de Beauvoir / Centre EPS et société / Centre Flora Tristan – Association Femmes Alternatives / Centre LGBT – Paris Ile-de-France /  Club des africaines entrepreneures d’Europe / CLAF’outils / Collectif féministe contre le viol / Collectif de lutte antisexiste contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur / Coordination pour le lobby européen des femmes / Comédie des ondes / Comité ONU Femmes France / CALM – association pour une maison de naissance aux Bluets / Compagnie Confidences / Compagnie les Tournesols / Coordination lesbienne en France / Créations omnivores / Dirigeantes actives 77 / Eloïse / Empow’her / En avant toute(s) / Entrées de jeu / Excision, parlons-en / Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir / Fédération des Centres Sociaux du 93 / Fédération nationale GAMS / Femmes et sciences / Femmes solidaires / Femmes inter associations inter service migrants / FERULG Université de Liège / FIT une femme un toit / Fédération nationale solidarité femmes / Fonds pour les femmes en Méditerranée / Force Femmes / Femmes unies pour le développement de la Guinée et de l’Afrique / Genre et ville / H/F île-de-France / Institut Emilie du Châtelet / La Barbe / L’Atelier du regard / L’Escale / Laboratoire de l’égalité / La môme perchée / LAPS/équipe du matin / Le monde à travers un certain regard / Léa – Lieu Ecoute Accompagnement / Led by her / Les ateliers du Travail / Les Dégommeuses / Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie / Institut en Santé Génésique / Maison des femmes de Paris / Mnémosyne – Association pour le développement de l’histoire des femmes et du genre / Mouvement du Nid / Observatoire Universitaire International d’Education et Prévention / Organisation des femmes africaines de la diaspora /  Osez le féminisme ! / Paroles de femmes 91 /  Pour qu’elle revienne / Réussir l’égalité femmes-hommes / Réseau féministe « Ruptures » / Sangs mêlés / SOS Homophobie / Théâtre du Chaos / Union régionale île-de-France des CIDFF


Notre interview sur France Info

A l’occasion de la sortie du numéro d’Économie et statistique de l’INSEE  du 29/10/ 15 qui fait ressortir de nouveau les inégalités de genre dans le temps consacrés aux tâches ménagères, nous intervenons sur France Info pour faire le lien entre les chiffres qui évoluent peu (les femmes consacrent en moyenne 3h26 par jour aux tâches domestiques contre 2h pour les hommes) et les modèles transmis dès le plus jeune âge aux enfants.

A écouter ci-dessous :


STOP au cybersexisme !

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L’Association Pour qu’elle revienne relaye la campagne « Stop au cybersexisme » du Centre Hubertine Auclert qui a débuté dans les transports franciliens le 2 avril 2015. Pour en savoir plus: http://stop-cybersexisme.tumblr.com/

 

Le cybersexisme, késako?
Le terme désigne les comportements et propos sexistes sur les outils numériques : internet, réseaux sociaux, texto. Stéréotypes sur les filles et les garçons, injonctions concernant la sexualité, la manière de s’habiller, l’apparence physique ou le comportement : le sexisme instaure une hiérarchie entre les sexes et perpétue un système de domination des hommes sur les femmes.

 

Lorsqu’une personne se fait insulter sur les réseaux sociaux en raison de son apparence, de sa manière de s’habiller, de ses relations, de sa sexualité :
C’EST DE L’AGRESSION ET DU HARCÈLEMENT !

Si l’un-e de tes camarades t’envoie une photo intime d’une fille ou d’un garçon, sans son accord :

C’EST DU VOYEURISME !

Lorsque l’un-e de tes camarades utilise le compte Facebook ou le téléphone portable d’une personne à son insu pour diffuser un message sexuel ou violent :
C’EST DE L’USURPATION D’IDENTITÉ !

Si vous êtes victime et vous avez besoin d’aide, appelez le N° Vert anonyme et gratuit net-écoute : 0800 200 000

 

victime_temoin_cybersexisme

 

3 Responses to Articles et campagnes

  1. Lola dit :

    Je suis contente que l’on défende se droit

  2. Virginie dit :

    Article fort sympathique, une lecture agréable. Ce blog est vraiment pas mal, et les sujets présents plutôt bons dans l’ensemble, bravo ! Virginie Brossard LETUDIANT.FR

  3. Très riche en enseignement bravo !

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